L’appât – José Carlos Somoza

L’appât – José Carlos Somoza

LappatA propos de l’auteur :

Doit on encore présenter José Carlos Somoza ? Il fait parti de nos auteurs fétiches à la librairie, nous le suivons de très près depuis la publication de La caverne des idées (en 2002). Autant dire que ça fait déjà un petit moment. Dès qu’un nouveau roman arrive on se l’arrache entre libraires. On a eu l’occasion de l’avoir avec nous sur notre stand à Quai du polar. Chaque fois c’est un énorme coup de coeur.

A la librairie on vous la surement conseillé avec Clara et la pénombre, et sinon vous avez pu le croiser au fil des lignes de La clé de l’abîme, La théorie des cordes ou La Dame n° 13.

L’histoire :

La police madrilène dispose d’une arme spéciale, les appâts qui réussissent à interpréter une sorte de théâtre comportemental pour attirer dans leurs filets tous les plus gros détraqués sexuels. Les appâts ne sont pas que des femmes, ce sont aussi des hommes et des enfants, leur point commun ? Ils vivent incognito et leur existence n’a rien d’officiel, même si les plus Hautes Instances les connaissent et les utilisent. Diana Blanco est un appât, elle est même la meilleure, formée par l’illustre théoricien de cette unité spéciale. Malgré sa volonté de prendre sa retraite, elle se retrouve obligée de traquer le plus gros prédateur sexuel que l’Espagne est connu, lorsqu’elle se rend compte que sa dernière victime est sûrement sa petite soeur.

L’avis de Glaucia :

Un hommage à l’œuvre de Shakespeare : « le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes ne sont que des acteurs ». On comprend mieux cette phrase en lisant Somoza, car nous ne sommes pas à l’abri en tant que simple spectateur regardant une pièce de théâtre, de celui qui n’a rien à craindre, qui sait que rien ne peut l’atteindre car ce qu’on voit est une illusion. Où est la frontière entre réel et illusion ? On est ici acteur dans le grand théâtre du monde. On doit agir, sinon on devient un simple protagoniste ou pire un spectateur sans intérêt.

« to be or not to be » – Hamlet parle-t-il pour lui même ou pour nous ? Les paroles du livre sont aussi dérangeantes et le livre nous attire par son univers théâtral. Qui est qui ? Le doute s’installe à chaque page, jeu ou réalité? On vit ainsi la traque de l’acteur qui doit se perdre en lui-même et laisser le personnage vivre afin que l’illusion soit parfaite. Comment ne pas penser à Diderot (le paradoxe sur le comédien), à Freud et bien d’autres.

L’avis d’Anne – Sophie :

J’ai un peu tardé à mettre la chronique de Glaucia en ligne, car je ne voulais pas me spoiler le roman. Un Somoza ça s’apprécie, ça se déguste, et surtout quand on est une inconditionnelle comme moi, on ne veut surtout rien savoir pour garder toute cette saveur de la surprise et su scénario génialissime qu’il nous a concocté.

A chaque Somoza, un thème, après la poésie, la science et la philosophie, José Carlos se réapprorpie le théâtre, et pas n’importe lequel, celui de l’un des plus illustres auteurs que le monde ait connu, et qui doit sa renommée tant à la richesse de son oeuvre qu’à la complexité de ses personnages, pour ne pas le nommer William Shakespeare. Une fois de plus, José Carlos Somoza nous offre sa réinterprétation du thème et sa réappropriation de l’oeuvre d’un autre. Après Lovecraft, il s’attaque donc à un autre monument W. Shakespeare.

Un thriller haletant, une mise en scène de génie, un travail titanesque. Comme à son habitude, José Carlos Somoza, nous pose un décor, une monde nouveau, et nous en fait découvrir toutes les facettes pour bien en saisir sa réalité. Un travail d’orfèvre et d’une minutie rare. Et c’est encore un tour de maître. Pour tous ceux qui ont pris peur en lisant un rapport avec W. Shakespeare ? N’ayez crainte, une connaissance de l’oeuvre dans sa globalité n’est pas nécessaire, il suffit de savoir qu’il existe, qu’il vivait à l’époque élisabéthaine et qu’il a écrit beaucoup de pièces de théâtre, voila vous avez les clés pour entrer dans le roman. Pour le reste ? Laissez vous guider par l’auteur, qui vous expliquera tout sur le psynome, les philliques et le monde des appâts.

 

Le + : Un roman policier hors norme, une fin qu’on ne saurait deviner à l’avance, des rebondissements inattendus.

 

L’appât, José Carlos Somoza, éditions Actes Sud.

 

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